Sentiment clandestin
Genre :
Sentimental/Romantique/Dramatique.
Disclaimer: Malheureusement, rien ne
m’appartient, ce monde à été crée par J.K. Rowling. Même si vous le savez tous,
je crois que je suis obligée de le préciser.

¤ ° ¤ ° ¤ ° ¤
Est-ce que je vis vraiment ? Est-ce songe ou réalité ?
Rêve ou cauchemar ?
« Je t’aime ».
Deux mots. Deux mots pour exprimer ce que je ressens. La peur y est incluse. Nous n’avons pas le droit de nous aimer. Comme si nous pouvions le choisir, comme si nous pouvions l’interdire. Les sentiments ne sont pas des choses que l’on puisse contrôler.
C’est ainsi, mon destin, notre destin à choisi cela.
Une vie de peur, de souffrance, d’inquiétude. Tout cela pour lui,
pour son amour, pour moi, pour nous. Sans lui je ne peux plus exister. Je puise
en lui ce qui m’est nécessaire pour vivre. Et pourtant, seule barrière à cet
amour qui nous ronge, nos pères.
Oui, nos pères. Il est souvent dit qu’amour et haine sont
indissociables. Nos pères se haïssent. Haine réciproque et incontrôlable. Aussi
invraisemblable que cela puisse paraître, leur chair et leur sang vivent une
passion contre nature. Peut-être est-ce le fruit de leur rancœur si longtemps
nourrie.
« Je t’aime ».
C’est ce qu’il m’a souvent dit, c’est ce que je lui ai souvent
répondu.
Et rien ni personne ne pourra y changer quoi que ce soit. Même si
nous devons vivre cachés, traqués, dans cette peur traîtresse, nous vivrons
ensemble. Envers et contre tout. Tous les deux. Seuls nous ne sommes plus rien.
Moi fille de Salazar Serpentard, Suhayla Serpentard, aime
passionnément Griffin Gryffondor, fils de Godric Gryffondor.
Tendre fatalité d’une mélancolie amère.
¤ ° ¤ ° ¤ ° ¤
Comment est-ce arrivé ? Personne ne le sait, pas même moi.
Nos pères, illustres sorciers, se sont alliés à deux des plus
grands dans l’espoir d’accomplir la noble tâche de fonder une école.
A notre époque, les gens ayant un don sont chassés et forcés de
vivre dans le plus grand secret. Nous sommes dits hérétiques. La plus part du
temps, les gens possédant des pouvoirs magiques ne le savent même pas.
Qui pourrait deviner que quatre des plus grandes familles du pays
ont des ascendances de mages et de puissants sorciers ?
Ces quatre familles sont : Serpentard, Gryffondor, Serdaigle
et Poufsouffle.
Une alliance a été formée entre ces familles, les héritiers de
chaque famille ont ainsi participé à la construction de Poudlard. Ecole de
sorcellerie.
Chacun sa spécialité, ils se sont soutenus et de leur labeur un
immense château est né.
Maintenant, ils enseignent afin de guider les plus jeunes et leur
apprendre à contrôler leur don.
Salazar Serpentard, maître des potions. Godric Gryffondor,
virtuose des métamorphoses. Rowena Serdaigle, spécialiste en sortilège. Et
enfin, Helga Poufsouffle dont l’art est la botanique.
Ainsi ils choisissent chacun des élèves dignes de recevoir leur
précepte. Tout se passait très bien, jusqu’à ce qu’une discorde naisse entre
Gryffondor et Serpentard. Mon père, souhaitait que seul les enfants de
« sang-pur » soit accepté à Poudlard, alors que Gryffondor affirmait
que les enfants nés de moldus en avait autant le droit que d’autre.
Depuis, ceux qui étaient amis devinrent ennemis. Mon père veut
quitter Poudlard, la seule chose qui le retient pour l’instant est moi, et
également son fameux projet.
Je n’ai pas encore fini mes études, et il ne veut pas se résoudre
à quitter Poudlard tant que mon enseignement ne sera pas achevé.
S’il savait.
Pourquoi la vie s’acharne-t-elle sur moi ? Pourquoi a-t-il
fallu que je tombe amoureuse du seul élève à qui je ne devais pas même adresser
la parole ?
Tant de questions inutiles, dont les réponses sont ailleurs.
¤ ° ¤ ° ¤
° ¤
Je me souviens encore, ce jour, celui qui a changé toute ma vie.
Je me promenais dans le parc de Poudlard, à la lisière de la
forêt. Il était tard, je n’avais rien à faire là. Mon esprit était ailleurs.
C’est alors, qu’une bête immense surgit devant moi. Elle sortait
de la forêt. Qu’étais-ce ? Je n’eus même pas le temps de réfléchir qu’elle
bondit sur moi. Je fermai les yeux, attendant un coup funeste, mais rien.
Doucement, j’ouvris les paupières. La bête n’était plus sur moi, mais dans un
combat acharné avec un jeune homme. Dans, la noirceur je ne parvenais pas à
discerner son visage.
Le jeune homme était au-dessus de la bête, essayant de la
maîtriser. J’avais l’impression que la bête sauvage le tuerait d’une minute à
l’autre. Il donna alors un grand coup dans le flanc de la bête à l’aide de sa
fine épée, et elle s’enfuit en courant vers l’immense masse d’arbre.
Il marmonna quelques paroles, et l’épée se transforma en baguette
magique. Il la fourra dans sa ceinture de cuir, et se retourna vers moi.
J’étais encore sous le choc, je ne m’étais même pas relevée.
Depuis que la bête m’avait renversée par terre j’y étais restée.
Il m’aida à me relever. C’est alors que je le vis de plus près. Il avait un visage fin, les yeux gris et profond, les cheveux raide et châtain clair, il ne devait pas être plus âgé que moi.
-
Il n’est pas convenable pour une jeune
demoiselle de se promener à des heures si tardives. Me dit-il en esquissant un
sourire.
Son visage m’était familier, j’étais certaine de l’avoir déjà vu quelque part, mais j’étais incapable de m’en souvenir à l’instant.
-
Permettez-moi de vous raccompagner au
château, ce serait plus sûr.
J’acquiesçais, encore trop heurtée pour parler. Il me tendit son
bras, et nous marchâmes en direction du grand hall.
-
Merci.
-
Mais de rien, il était normal que
j’intervienne. Ainsi, vous parlez. Je commençais à désespérer d’entendre un
jour votre voix.
Je lui souris, il me le rendit bien. Il était si beau.
-
Puis-je savoir le nom de mon
sauveur ?
-
Bien sûr, où ai-je la tête, je ne me
suis même pas présenté. Griffin Gryffondor pour vous servir.
Sur ces paroles je m’arrêtais. Il sentit mon malaise, et se retourna vers moi. Nous étions alors au milieu du parc noyé dans l’obscurité profonde.
-
Qui as-t-il ? Vous sentez-vous
mal, mademoiselle.
-
A vrai dire non, mais, vous parlez à
l’instant à Suhayla Serpentard, fille de Salazar Serpentard.
-
Je…..je l’ignorais. Je ne vous avais
pas reconnu dans la nuit, je suis désolé si je vous ai blessé de quelque
manière que ce soit. Je ne vous importunerai plus à l’avenir.
Tout en prononçant ces mots, son visage affichait un air déçu et désolé.
-
En fait, vous ne m’avez pas du tout
blessée. Vous m’avez sauvé la vie, et pour cela je vous en serai reconnaissante
tout le long de mon existence.
-
J’ignorais que maître Salazar
Serpentard avait une fille aussi charmante.
Je rougis, il me sourit. Nous continuâmes à marcher.
Avant de me laisser retourner à ma chambre, il me retint quelques
minutes.
-
Je suis désolé de vous déranger de
nouveau. Mais je ne pourrais trouver le sommeil sans que vous sachiez.
Devant mon air interrogateur, il poursuivit.
-
Je voulais simplement que vous
sachiez, que je serai prêt à donner ma vie pour vous si le besoin s’en sentait.
De toute manière je ne pourrais vivre sans vous. Peu importe votre père, il
faut que je vous dise : Je vous aime.
Sur ce, il se retourna et ajouta :
-
Maintenant, vous devez savoir que vous
ne pourrez rien y changer, et même si je le pouvais, je ne le ferais pas. Je
sais que vous ne devez pas partager les mêmes sentiments que moi, que tout cela
est si soudain, mais au moins j’ai pu vous le dire. Bonne nuit.
Il allait partir, mais je le retint.
-
Moi aussi je vous aime, Griffin.
Notre passion grandit de jour
en jour. Comment pourrions-nous vivre l’un sans l’autre ? Autant mourir.
Mourir, peut-être mon père préférerais-t-il me voir morte qu’unie au fils
unique de Godric Gryffondor.
¤ ° ¤ ° ¤
° ¤
Le temps passait rapidement, seul témoin caché de notre liaison.
La journée nous nous efforcions de limiter nos rencontres
hasardeuses afin de ne pas attirer les soupçons. Mais lorsque le soleil épuisé
et le ciel laissaient place à la tenture noire ornée d’étoiles qu’est la nuit,
nos rencontres n’étaient plus ni hasardeuses ni limités.
Peu importe mon manque de sommeil, je ne pouvais supporter les
longues journées qu’en sachant que le soir je retrouverais mon bien-aimé.
Un jour quelconque, mon père vint s’entretenir avec moi. Ses
paroles résonnent encore à mes oreilles alors que ce temps peu déjà paraître
lointain. Mais qu’est-ce que le temps sinon une chose abstraite, terme vide de
sens inventé dans le seul but de désigner un élément complexe que nous ne
comprenons pas. Le nommer suffit à avoir l’impression d’avoir une prise, un
contrôle dessus, et alors que nous jouons avec, c’est lui qui fini par gagner
inévitablement et s’amuse de nous.
C’est ainsi qu’après un débat acharné qui me paru durer
l’éternité, mon père déclara : « il ne te reste plus que quelques mois
avant de finir ta scolarité. Un jeune homme respectable, d’une noble famille de
sang-pur est venu demander ta main. Tu l’épouseras donc. »
Oui, c’est à peu près ça je crois. Il m’a annoncé cela sans détour
et sans accepter le moindre de mes commentaires ou oppositions, mon opinion
l’importait peu.
Comme pourrais-je épouser cet homme dont je ne connaissais pas
même le nom, alors que mon cœur appartenait à une autre personne ?
J’ai toujours pensé qu’il ne pouvait exister de problème sans
solution – sans quoi les problèmes n’existeraient pas – il ne me restait donc
plus qu’à trouver cette solution.
J’en ai passé des nuits blanches, des jours noirs, à retourner le
problème dans tous les sens, à l’analyser sous tous les angles. Et la seule
solution qui m’est venu fut la fuite. Fuir, au plus vite, au plus loin
possible.
Mais, étais-ce
raisonnable ? Finirait-on par me retrouver de toute façon ? Mon amour
me suivra-t-il dans cette folie ?
¤ ° ¤ ° ¤
° ¤
« Fuir n’est pas une solution, tu ne peux pas t’échapper. Ton père ne te laissera pas partir aussi facilement, il te poursuivra. Puisqu’il n’accepterait pas notre mariage, il vaut mieux que tu épouses cet homme. Il est préférable que je te vois mariée à cet homme plutôt que morte ou que l’on nous interdise de nous voir, comprends-tu ? »
Non, non je ne comprenais pas. Comment voulais-t-il que j’épouse
cet homme ? Je ne pourrais pas. Mais avais-je bien le choix ? Et puis
mon père serait capable de me tuer. Non, il tuerait plutôt Griffin, je ne
pourrais le supporter.
C’est notre dernière nuit ensemble, ma dernière nuit à Poudlard, ma dernière nuit avec mon amour, ma dernière nuit de liberté, ma plus belle nuit.
-
« Je t’aime, et je ne pourrais
accepter qu’un autre ait ce que je ne t’ai pas donné. J’accepte de l’épouser,
mais jamais je ne l’aimerai. C’est à toi que je donne tout, ce qui m’est de
plus précieux. C’est avec toi que je veux tout partager.
-
Tu es sûre Suhayla ?
-
Bien évidemment, comment peux-tu même
poser cette question ? J’en suis certaine. Je t’aime.
-
Je t’aime aussi. »
Quelques semaines passèrent sans que je ne voie plus mon aimé. Les
préparatifs du mariage allaient de bon train, je ne connaissais toujours pas
celui que j’épouserai, et mon père avait définitivement quitté Poudlard.
C’est alors que j’appris une nouvelle bouleversante.
J’en ai pleuré de joie et de désespoir des jours durant. Il
fallait absolument que je trouve Griffin, que je lui parle, je ne pouvais
garder plus longtemps pour moi ce secret.
Comment allait-t-il le
prendre ? Et comment ferons-nous pour nous sortir de ce dilemme ?
Décidément le sort était résolu à s’acharner sur nous.
Partie VI
¤ ° ¤ ° ¤
° ¤
« Je suis enceinte ».
-
« Mais….. Mais c’est
merveilleux ! Nous allons avoir un enfant !! Mais….. Comment
allons-nous faire ? Il ne faut pas qu’on le découvre.
-
Je sais. J’ignore encore comment m’y
prendre. Ce n’est pas une chose que l’on cache facilement. Je suis si
désespérée. Ça y est, cette fois mon père va nous tuer, l’enfant avec.
-
Ne t’inquiètes pas, jusqu’à maintenant
nous avons réussi à nous en sortir, nous continuerons.
-
Mais comment veux-tu que je fasse. Je
vais bientôt me marier, on finira bien par le découvrir, je ne peux pas le
cacher.
Il commença à faire les cents pas dans la pièce, réfléchissant.
-
Mais oui, c’est tellement simple. Tu
n’as dit à personne que tu étais enceinte ?
-
Non, à personne.
-
Eh bien, puisque tu va bientôt te
marier, tout le monde croira que cet enfant sera celui de ton mari.
-
Oui, certainement, mais je ne veux pas
que cet enfant soit élevé loin de toi.
-
Ne t’inquiètes pas, nous trouverons
bien un moyen.
Je ne tardais pas à découvrir son plan désespéré. C’était une
idée folle, mais pas plus que notre relation. Au moins il n’avait pas trop mal
pris la nouvelle, moi qui avais peur qu’il m’oublie, ou qu’il soit déçu. Non,
c’était de la joie, la joie t’attendre un enfant. Ce ne sera pas un enfant non
désiré ou non aimé, ce ne sera pas un simple accident, ce sera le fruit de deux
destins, le croisement de deux chemins. L’enfant de Serpentard et Gryffondor.
Ainsi, le jour du mariage arriva bien vite, je découvris enfin
mon futur époux. Un jeune homme arrogant, plein d’assurance et aux idées très
arrêtées. Il se nomme Najah Malefoy. Il a un visage froid, et inspire la
crainte et le respect. Et je devrais me marier avec lui. Quand je pense à mon
Griffin, aux traits si doux et délicats, aux mots sucrés et agréables, à la
présence chaleureuse…..
Je devins vite ronde, et me promenais le ventre haut. Tout le
monde me félicitait ainsi que Najah, d’aucun ne savait que cet enfant n’était
pas de lui.
Griffin et moi arrivions encore
à nous rencontrer de temps en temps. Mais nos rencontres était très courtes et
très rares. Je détestais mon mari, et je craignais mon père. En somme, je
vivais dans une cage dorée. Tel un oiseau à qui on aurait arraché les ailes et
enfermé dans une petite cage pour le seul amusement de quelques nobles
seigneurs capricieux.
¤ ° ¤ ° ¤
° ¤
Moi et Najah étions assis dans la salle à manger. Un haut
personnage venait de nous rendre visite lui et sa femme afin de nous apporter
ses « félicitations » pour notre premier enfant.
Najah était assis non loin de moi, il buvait sa tasse de thé.
D’un souple mouvement sa tasse se levait touchait ses lèvres et revenait se
reposer sur sa soucoupe.
-
« De qui est cet enfant ?
-
Comment ?
-
Tu m’as très bien comprise Suhayla, de
qui est cet enfant ?
-
Voyons, je ne v…
-
Ne me prends pas pour un imbécile. Je
sais très bien que cet enfant n’est pas de moi.
-
Co…
-
Suhayla, le soir de nos noces tu
n’étais pas vierge. Je n’ai fait aucune remarque à ce sujet parce que j’ai un
profond respect pour ton père, mais ça c’est de trop. Je veux savoir qui est le
père de cet enfant.
-
Tu as raison, cet enfant n’est pas de
toi, mais je ne te dirai pas qui est le père.
-
Ainsi tu me trompes, je suis très
déçu. Je ne pensais pas que tu puisses me faire ça un jour.
-
Non Najah, je ne te trompe pas. C’est
arrivé avant notre mariage, ça me paraît déjà si lointain.
-
Je veux savoir qui est le père.
-
Je ne te le dirai pas.
-
Tu oses me tenir tête. Je suis ton
mari, j’exige que tu me répondes.
-
Non.
-
Bien, alors je ne veux pas de cet
enfant. J’étais prêt à ignorer cette nouvelle erreur de ta part, indulgent
comme je suis envers toi, mais tu dépasses les bornes.
-
Alors je m’en irai.
-
Oh non tu ne partiras pas. Estime toi
heureuse que je ne t’aie pas mise à la porte, ou humilié publiquement. Tu
resteras ma femme et je ne veux plus jamais que tu me déshonores ou que tu
défis mon autorité.
-
M…
-
Non, nous dirons que l’enfant est mort
à la naissance. Et personne ne saura jamais quel déshonneur tu as infligé à moi
et à ta famille. Je veux que personne n’entende jamais parler de cette
histoire. L’enfant sera confié à une famille de paysan. Et tu peux pleurer
autant que tu veux ça ne changera strictement rien. »
Il se leva brusquement et sorti
de la salle, m’abandonnant à mon désespoir. Les larmes coulaient sur mes joues,
j’entourais de mes bras mon ventre. Personne ne saurait jamais. Mon enfant
grandira loin de moi, je ne pourrais plus jamais le voir. Je l’aurais chéri
neuf mois, et lorsqu’il quittera mon corps il me quittera à tout jamais.
¤ ° ¤ ° ¤
° ¤
« Monsieur, votre femme, elle accouche »
Un cri de douleur fendit l’air, la servante devant moi s’excusa et
partit en courant vers la chambre où Suhayla était installée. Une bouffée de
haine et de rancune monta en moi, mais dans quelques heures je serai soulagé de
ce fardeau, lavé de toute honte et déshonneur que ma femme m’aurait infligé. Je
me dirigeais à grands pas vers la chambre, et m’assis sur une chaise dans le
couloir, en face de cette même pièce. Je saisis la carafe de vin posé à côté de
moi sur une petite table en bois sculpté et me versai un verre. Un autre cri
retentit dans toute la maison.
-
« Détendez-vous madame. Là, je
vois le bébé.
-
J’ai si mal.
-
Encore un petit effort, le plus gros
est déjà fait.
Des perles de sueur glissaient de mon front, tandis qu’une douleur
indescriptible me déchirait le corps.
Après une lutte acharnée durant des heures, un autre cri vibra
dans la chambre : le bébé.
-
« Est…..est-ce qu’il va
bien ?
La servante me sourit, et me tendit un petit tas de couverture.
Aussitôt que je le pris dans mes bras le bébé cessa de pleurer. Sa petite tête
reposait contre ma poitrine.
-
Vous devriez le nourrir madame. Tenez,
je vais vous montrer.
Le petit être que je tenais dans mes bras s’endormit contre mon
cœur après avoir bu mon lait. La servante avait fini de nettoyer la chambre, je
me reposais n’essayant pas de penser à ce qu’il arriverait plus tard.
Les portes
de la chambre s’ouvrirent violemment, découvrant Najah.
Il fit signe à la servante de s’approcher. Elle obéit docilement.
-
« Prenez ce bébé et partez. Je ne
veux que personne n’entende parler de cette histoire. Si jamais j’apprends que
vous n’avez pas pu vous taire vous êtes sûre que je vous retrouverai et que
vous ne vivrez pas longtemps.
-
Mais…..mais monsieur…..
-
Faites ce que je vous dis, et
rappelez-vous bien de tout ceci. Est-ce bien clair ? »
Il lui envoya une bourse dont le tintement traduisait le contenu.
Elle la prit, extirpa le bébé des bras de la mère indifféremment de ses protestations
et de ses pleurs, et sortit rapidement de la pièce. Plus jamais personne ne
revu, ni la servante, ni l’enfant.
Je sombrais dans un terrible désespoir. On m’aurait arraché le
cœur, que la blessure ne serait pas aussi cruelle. Mes pleurs semblaient
intarissables, tel une cascade amère et douloureuse.
Voici mon histoire pénible qui devint plus tard la tienne. Les
derniers événements de ma triste vie. Car depuis ce jour, je ne vis que comme
une prisonnière, j’erre tel un fantôme au destin pesant et insupportable. Mon
enfant, ce journal t’est destiné à toi et tes descendants. Sache que de ma vie
je n’ai aimé que toi, et ton père. En t’arrachant à moi on m’a enlevé la seule
raison de vivre sur cette terre. D’autres t’ont suivi, mais ils n’ont pas eu le
même vrai amour, nés d’un mari que j’exécrais et que j’exécrerais toujours.
« Je t’aime ».
¤ ° ¤ ° ¤
° ¤
Harry referma brusquement le vieux grimoire fin aux pages jaunis
qui à travers lettre et souvenirs l’avait transporté dans un brumeux passé. Du
revers de la main il essuya les larmes qui glissaient de ses yeux pour mourir
sur ses joues. Il leva la tête vers la fenêtre, le soleil se couchait
s’endormant à demi sur le lac sombre.
Il se dirigea vers son lit pour s’asseoir, c’est cela s’asseoir,
il avait besoin de s’asseoir et de réfléchir. Il regardait fixement le sol, ses
pensées vagabondant sur le tapis, essayant de s’accrocher à quelque chose, de
se concentrer.
Plus il cherchait un argument pour réfuter tout ceci, plus ces
révélations se confirmaient à ses yeux.
Le choixpeau en première année…..son lien avec
Voldemort…..tout…..toute sa vie…..tout son être…..Lui.
Il inspira et expira lentement, remonta ses lunettes, se leva et
se dirigea lentement vers son bureau. Il jeta un coup d’œil au réveil, c’était
l’heure d’aller dîner. Il n’avait pas faim, la simple pensée de manger lui
retourna le cœur. Une salle bruyante, pleine d’élèves joyeux et de professeurs,
des tables immense débordant de nourriture. Mieux valait rester ici. Il pris encore
une fois le vieux grimoire qu’il avait découvert parmi ses cadeaux le jour de
noël, envoyé anonymement. Il le tourna et le retourna, le contemplant sous tous
ses angles pour la centième fois. Il le prit et le rangea en sûreté,
l’enroulant dans sa cape d’invisibilité. Une fois que sa valise fut refermée,
il se dirigea vers son lit. l’esprit encore embrumé, et tout ébranlé comme il
l’était, il ne mit pas longtemps avant de sombrer dans un profond sommeil. Le
grimoire dans la valise scintilla d’une vive clarté, illuminant les alentours
de la valise et baignant le bas du lit d’une atmosphère étincelante.
« Dort bien mon enfant ».
Une forme translucide quitta la pièce, abandonnant l’enfant de
Gryffondor et de Serpentard dans les bras de Morphée.